Jacques a dit :

Publié le par Alain

Une esthétique du pouvoir a remplacé l'exercice du pouvoir.

 

Le peuple est devenu l'oublié d'une démocratie du simulacre et de l'apparence : voilà la cause primordiale du mal français. Quand le pouvoir politique abdique, le doute s'empare vite de l'opinion; les intérêts privés, l'air du temps, les coteries font la loi; les corporatismes se réveillent, les pays étrangers cessent de nous respecter.

 

Soyons lucides : nous sommes à la merci d'une explosion sociale qui peut intervenir sans délai.

 

Si nos élites ne s'entendent qu'entre elles et avec leurs experts, elles risquent fort de passer à coté du citoyen. Craignons qu'à défaut d'un peu plus de démocratie directe leur donnant le sentiment que les responsables sont davantage à leur écoute, les Français ne s'enlisent dans le doute. Alors gare au sauveur populiste qui établira un contact intuitif avec un peuple déboussolé.

 

L'emploi avant toute chose, car le chômage est notre tragédie.

 

 

La pertinence politique, qui ressort de ces quelques lignes, ne date pas d'aujourd'hui, mais du milieu des années 90; et l'auteur n'est autre que Jacques Chirac, qui évoquait alors, déjà, sous l'ére mitterandienne, dans deux ouvrages de campagne électorale*, la démission et le déclin politique.

 

Jacques, qu'as tu fait de ces dix ans ?

 

* Une nouvelle France (Nil, 1994) et La France pour tous (Nil, 1995)

Publié dans Le monde des mots

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Axel 08/07/2005 18:42

On dira plutôt 5 ans... Les 5 ans avec Jospin, ça compte pas (ouf ! ce sont les pires !)